"Merci Monsieur Jean-Claude".
Posté le 04.06.2007 par nltours
Jean-Claude Brialy est parti rejoindre les étoiles
L’acteur, réalisateur, conteur et écrivain Jean-Claude Brialy est mort mercredi 30 mai à son domicile parisien à 74 ans. Génial, mondain, sensible, énervant, ambigu, il avait le don d’agacer ou de séduire depuis des décennies. On ne le croisera plus à L’Ile St Louis ou ailleurs, on ne l’entendra plus raconter ses anecdotes avec Gabin, Delon, Arletty et tous ceux qu’il a croisé dans ses vies multiples de Cinéma et d’Art.
Avec la disparition de ce grand comédien, ce grand acteur, mais aussi cet entrepreneur, réalisateur, directeur de salle et de festival, disparaît aussi un humaniste gourmand et un mémorialiste inépuisable, une sentinelle de la nuit, de la fête et de la poésie, a déclaré Nicolas Sarkozy dans un communiqué hier soir.
Né le 30 mars 1933 à Aumale en Algérie, ce fils de colonel vit son enfance au rythme des mutations paternelles.
Jean-Claude Brialy a joué au cours de plus de 40 ans de carrière dans une quarantaine de films, révélé notamment par "Le beau Serge" de Claude Chabrol, mais il était aussi une figure du théâtre, du show business et de la vie mondaine parisienne.
Apparu pour la première fois au cinéma en 1956 dans "Elena et les hommes" de Jean Renoir, il fut notamment l’interprète de Louis Malle ("Ascenseur pour l’échafaud", 1957, "Les amants", 1958), Claude Chabrol ("Le beau Serge", 1958, mais aussi "Les cousins", 1959), François Truffaut ("Les quatre cents coups", 1959) et Eric Rohmer ("Le genou de Claire", 1970).
Réalisateur, à la télévision et pour le grand écran, il signa une dizaine de films, dont "Eglantine" (1971) et "Les volets clos" (1972).
Il avait tourné son dernier film pour la télévision en 2006, "Monsieur Max" (Gabriel Aghion). Il avait aussi écrit plusieurs livres de souvenirs à succès : "Le ruisseau des singes" (Robert Laffont, 2000) et "J’ai oublié de vous dire" en 2004 (XO éditions) qui furent des best seller. Dans son premier livre autobiographique il avait révélé beaucoup de pudeur sa bisexualité.
Après son baccalauréat, il s’était inscrit d’abord au Conservatoire de Strasbourg puis au Centre d’art dramatique de l’Est, avant de sympathiser avec plusieurs comédiens en tournée théâtrale, dont Jean Marais, qui l’encouragent dans sa vocation.
Débarqué à Paris en 1954, il se met très vite à fréquenter "la bande des Cahiers du Cinéma". Il tourne en 1956 dans "Le Coup du berger", un court métrage de Jacques Rivette, et dans "L’Ami de la famille" de Jacques Pinoteau.
Il multiplie ensuite les apparitions, notamment dans "Ascenseur pour l’échafaud" (1957, Louis Malle), mais la célébrité arrive en 1958 avec les deux premiers films de Claude Chabrol : "Le Beau Serge" et "Les Cousins". Dès lors la Nouvelle Vague ne le lâche plus et Brialy tourne avec Jean-Luc Godard (1960, "Une femme est une femme"), François Truffaut (1967, "La Mariée était en noir") ou encore Eric Rohmer (1969, "Le Genou de Claire").
En 1971, il réalise son premier film, "Eglantine", une évocation nostalgique de ses souvenirs d’enfance. Attaché à cette période de la vie, Jean-Claude Brialy décide de mettre également
en images pour la télévision "Les Malheurs de Sophie" (1981) et surtout "Un bon petit diable" (1983), avec Alice Sapritch en marâtre.
Des centaines d'anonymes et de très nombreuses personnalités du monde du spectacle, de la politique et des médias ont dit adieu à l'acteur Jean-Claude Brialy, lundi, lors de ses obsèques célébrées en l'église Saint-Louis-en-l'Ile, à Paris, en présence de Nicolas Sarkozy et de plusieurs ministres.
Les très nombreux admirateurs anonymes ont été tenus à distance depuis les quais de la Seine derrière des barrières métalliques et plusieurs rues donnant sur l'île avaient été coupées à la circulation, dont l'étroite rue Saint-Louis-en-l'Ile où se trouve l'église.
"Tous tes amis sont là, Jean-Claude. Comme tu l'as souhaité, ils ne prendront pas la parole et seront dans le silence d'un cœur à cœur avec toi", a dit Mgr Jean-Michel Di Falco, évêque de Gap, qui a concélébré la messe avec le père Gérard Pelletier, curé de Saint-Louis-en-l'Ile.
"Toi qui disais tant de choses gentilles sur les autres, tu supportais mal qu'on le fasse pour toi", a ajouté Mgr Di Falco, qui a rendu hommage " à la belle vocation des artistes, témoins et refuges pour la société, en faisant oublier la grisaille du quotidien et les soucis".
L'évêque de Gap a eu une pensée particulière pour Bruno Finck, le compagnon de Jean-Claude Brialy et son "jardinier du cœur".
Lors de l'office, des chansons de Jacques Brel ("Quand on n'a que l'amour"), Nana Mouskouri ("Où es-tu passé, mon passé") et de Barbara ("Ma plus belle histoire d'amour", l'hymne des artistes), ont été diffusées.
Devant l'église, à l'issue de la cérémonie, le cercueil de chêne clair a été longuement applaudi par les anonymes et les célébrités formant un cercle.
Les actrices Jeanne Moreau, Catherine Deneuve, Leslie Caron, Jane Birkin, Anouk Aimé, Marie-Josée Nat, Julie Depardieu, les comédiens Gérard Jugnot, Alain Delon, Jean-Paul Belmondo, Francis Huster, les ministres Michèle Alliot-Marie, Christine Albanel et Jean-François Coppé, le maire de Paris Bertrand Delanoë, Charles Aznavour, Juliette Gréco, Georges Moustaki, Liane Foly, Muriel Robin, Guy Bedos, le cinéaste Patrice Chéreau, les producteurs Dominique Besnehard et Alain Terzian étaient notamment présents.
Jean-Claude Brialy, décédé mercredi à 74 ans des suites d'une longue maladie, devait ensuite être inhumé au cimetière Montmartre dans l'intimité.
Si j’en avais eu l’audace, je lui aurais simplement dit "Merci Monsieur Jean-Claude".
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